Qu’est-ce que la technique du potentiel évoqué olfactif ?

Quoi de neuf, Docteur : qu’en est-il d’ETOC ?

Erwan Poivet, Docteur en biologie des organismes et membre de l’unité mémoire et perception de l’Institut Pasteur, s’exprime au sujet de la technique du potentiel évoqué olfactif utilisée sur l’étude ETOC.

Rappelez-vous, dans le cadre de la lutte contre la covid,  le Fonds de dotation Per Fumum s’est engagé depuis près de deux ans auprès de l’Institut Pasteur, pour mieux comprendre l’anosmie liée au covid, prévenir ses risques et étudier ses traitements.

Cette démarche, conjointe avec l’hôpital Lariboisière, a donné l’étude ETOC dont l’anagramme signifie Etude de l’évolution des Troubles Olfactives et Cognitifs.

L’enjeu de cette étude est de comparer l’évolution des capacités olfactives et cognitives dans le temps de patients souffrants de covid-long. L’objectif est de comprendre si l’amélioration d’une des constantes impacte l’autre et à quel point elles évoluent ensemble. Pour cela, la technique de mesure des ‘potentiels évoqués olfactifs’, déjà éprouvée à l’hôpital Lariboisière, s’avère particulièrement intéressante. 

Cette technique consiste à enregistrer l’activité cérébrale et olfactive d’un patient en réponse à la diffusion d’une brève stimulation odorante. Si cette stimulation est détectée par le patient, on observe alors une modification de son activité cérébrale par l’apparition d’une onde négative. Deux paramètres caractérisent cette onde négative : son « amplitude », laquelle dépend de la concentration en molécules odorantes libérée, et sa « latence » qui dépend de la vitesse de détection de ces molécules par les neurones olfactifs du patient. En comparant  les paramètres entre un patient sain et un patient atteint de Covid, les chercheurs peuvent donc estimer à quel moment et dans quelle proportion son odorat est affecté. Et en comparant l’évolution de ces paramètres au cours du temps, cela permet aussi de suivre l’évolution de l’odorat d’un patient. Ainsi, les patients recouvrant l’odorat présentent une latence plus courte que ceux ne manifestant pas d’amélioration(1).

Ces résultats permettront de mesurer l’impact du Covid sur le cerveau par le tropisme de l’odorat et les éventuels impacts de la maladie sur le système nerveux central. Une étude récente publiée dans Nature, revue internationale dédiée aux publications de recherche de santé, révèle justement que les patients atteints de covid-long déclarent des symptômes similaires à la maladie d’Alzheimer(2) ; ce qui valide l’hypothèse de l’atteinte du cerveau proposée par l’équipe du « Perception et mémoire » l’année dernière(3). 

Stéphanie Prinet Morou lors de l’enregistrement de son potentiel évoqué olfactif

Pour aller plus loin, ces tests nécessitent d’être effectués sur une large cohorte de patients, ce qui ne devrait plus tarder puisque l’étude ETOC a reçu fin décembre 2021, le précieux ‘label de Priorité nationale’.

Vous aussi, vous pouvez soutenir la recherche scientifique liée au parfum et à l’odorat, cruciale pour l’avenir de la Parfumerie, en faisant un don auprès du Fonds de dotation Per Fumum.Retrouvez toutes les réponses à vos questions sur le site internet www.fondsperfumum.org ou contactez-nous sur jesuisdonateur@perfumum.org.


Bibliographie citée (en accès gratuit) :

(2) Douaud et al 2022

https://www.nature.com/articles/s41586-022-04569-5

(3) Poivet et al 2021 :

https://www.scientificarchives.com/article/neurological-manifestations-associated-with-SARS-CoV-2-Invasion-of-the-autonomous-nervous-system

Bibliographie citée (en accès payant) :

(1) Guo et al 2021

https://link.springer.com/article/10.1007/s00405-021-06683-y

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