Parole d’expert : le comportement du cerveau face à une odeur

Le Docteur Erwan Poivet, chef d’orchestre à l’Institut Pasteur de l’étude ETOC évaluant la relation entre l’Olfaction et la Cognition dans le phénomène d’anosmie liée à la Covid,  nous explique le comportement du cerveau face à une odeur.

Erwan Poivet, docteur en Biologie des Organismes et membre de l’Unité Perception et Mémoire de l’Institut Pasteur, nous explique que l’olfaction est un sens  tout-à-fait à part par rapport aux autres modalités sensorielles. 

La fonction première du système olfactif est d’apporter au cerveau des informations sur son environnement afin de satisfaire à ses besoins vitaux (nourriture, dangers, plaisirs, interactions et communication) en activant des comportements déterminés par les informations olfactives. Mais à présent que les besoins vitaux sont plus facilement satisfaits chez l’homme, qu’en des ères plus lointaines de l’humanité, l’olfaction est devenu essentiellement le véhicule de l’information émotionnelle.

En outre, contrairement aux autres sens, les stimulations olfactives accèdent presque directement aux centres cérébraux impliqués à la fois dans la mémoire, les émotions et peut-être même la régulation de l’humeur. C’est pourquoi il est très facile d’associer une odeur à un souvenir ou à une émotion.

Le scientifique précise aussi que de nombreuses molécules olfactives ont une propriété trigéminale en plus de leur propriété olfactive.

Le système trigéminal se compose du nerf trijumeau divisé en 3 branches situées dans la bouche, le nez et les yeux. Ce système traite des sensations de frais, chaud, piquant, brûlant et ces informations participent à la reconnaissance d’une odeur. Par exemple, le caractère trigéminal frais de la menthe ou le piquant du poivre permet d’en définir son odeur.

Le cerveau va ainsi recevoir deux informations distinctes mais complémentaires quasi simultanément via deux nerfs différents (olfactif et trigéminal) et les superposer.En revanche, ceci n’est absolument pas le cas face à des odeurs comme la vanille ou la rose par exemple, lesquelles stimulent uniquement le nerf olfactif et relèvent donc du souvenir associé et ceci est d’autant plus prononcé si l’ingrédient est travaillé.

(c)iStock

Au niveau anatomique, l’information sur l’odeur est envoyée de l’amygdale vers une région cérébrale située entre les deux yeux, nommée cortex orbito-frontal. C’est à cet endroit que naît la perception consciente de l’odeur qui plaira ou déplaira à un individu.

Ainsi s’il est avéré que les odeurs influencent notre comportement, nous ne savons pas encore comment et jusqu’où elles nous déterminent. L’odeur émotionnelle est donc un vaste sujet sur lequel les chercheurs travaillent encore, s’intéressant aussi au vécu de l’individu et son environnement culturel.

Vous pouvez soutenir la recherche scientifique liée au parfum et à l’odorat, cruciale pour l’avenir de la Parfumerie, en faisant un don auprès du Fonds de dotation Per Fumum. Retrouvez toutes les réponses à vos questions sur le site internet www.fondsperfumum.org ou contactez-nous sur jesuisdonateur@fondsperfumum.org.

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